Hier midi, j’étais au Salon International de l’Agriculture pour voir Fermes En Vie.

Je ne le cache pas :
j’y suis investisseur et ambassadeur du modèle.

Parce que derrière les débats théoriques sur la transition écologique, il y a une réalité très concrète :

La terre change de mains.

Et une question se pose :

👉 Entre quelles mains voulons-nous qu’elle soit ?

Fermes En Vie permet à des citoyens de financer l’installation, l’extension ou la conversion en bio.
Concrètement : remettre du foncier agricole entre les mains de celles et ceux qui veulent produire autrement.


Transmission, installation : des sujets techniques… mais politiques

J’ai assisté à une conférence organisée avec la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique (FNAB) et la Safer Nouvelle-Aquitaine.

On y a parlé :

  • Transmission
  • Installation
  • Financement

Des sujets techniques.
Mais profondément politiques.

Parce que décider qui peut s’installer, à quel prix, avec quel modèle économique…

c’est décider du paysage agricole des 30 prochaines années.

Un chiffre m’a frappé :

Seulement 15 % des fermes françaises sont en bio.

15 %.

Dans un pays qui se dit attaché à son terroir, à sa gastronomie, à sa santé.

Pourquoi la généralisation du bio n’est-elle même pas une perspective discutée sérieusement ?
Pourquoi la question d’une obligation progressive reste-t-elle taboue ?


À quoi doit servir l’innovation ?

J’ai aussi rencontré Mathieu, jeune agriculteur de la Creuse.

  • Conversion en bio
  • Reprise d’une seconde ferme
  • Diversification grandes cultures et élevage bovin
  • Installation de sa compagne en maraîchage et PPAM

Nous avons parlé robotique de désherbage.
Technologie utile.
Innovation concrète.

Et une question revenait sans cesse :

À quoi doit servir l’innovation ?

À augmenter les rendements à tout prix ?
Ou à renforcer l’autonomie, la résilience, la dignité du métier ?


La sobriété commence dans les champs

Je suis ingénieur logiciel.
Je parle souvent de Green IT, de responsabilité, d’optimisation des ressources.

Mais la sobriété ne s’arrête pas aux datacenters.

Elle commence dans les champs.

  • Foncier
  • Rémunération
  • Transmission
  • Choix politiques
  • Choix citoyens

Et une question me travaille.

Pourquoi n’existe-t-il pas, à grande échelle, un modèle bio réellement rémunérateur pour les agriculteurs ?
Un modèle structuré, logistiquement viable, en filières courtes… mais capable de passer à l’échelle ?

Nous avons vu émerger des initiatives où les consommateurs définissent le juste prix, comme C’est qui le patron ?!.

On parle également de sécurité sociale de l’alimentation, pour garantir à tous un accès digne à une alimentation de qualité.

Alors pourquoi le bio reste-t-il coincé entre marché premium et guerre des prix ?
Pourquoi la valeur est-elle encore captée ailleurs que chez celles et ceux qui cultivent ?

Si nous savons organiser des chaînes logistiques mondialisées d’une complexité folle,
nous savons organiser des circuits courts efficaces.

La question n’est pas technique.
Elle est politique.
Elle est culturelle.
Elle est économique.


Le capital vote

Nous aimons croire que la transition dépend uniquement des gouvernements.

Mais en devenant investisseur, j’ai compris une chose :

le capital vote.

Chaque euro placé est un bulletin discret.
Il dessine le modèle agricole de demain.

Et peut-être que notre rôle de citoyens-investisseurs est plus structurant que nous ne l’imaginons.

Pas seulement consommer différemment.

Mais organiser différemment.